Noces Félines 2018 – 20 & 21/04/18

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JOUR 1 – VENDREDI :

 

André Malraux, l’ancien ministre de la Culture de De Gaulle disait que “L’art, c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme”. Pour cette figure politique et artistique qu’était Malraux, c’est au sein de l’art que se trouverait le moyen le plus efficace de rencontrer et de comprendre l’homme. Bon, à dire vrai j’ai choisi cette citation pour commencer cet article en étalant un peu ma culture, mais par chance elle s’applique bien aux Noces Félines. A croire que c’est fait exprès pour traiter de cet évènement. Incroyable hein ? Les coïncidences sont des choses merveilleuses.

 

Toujours est-il que, s’il y a bien une pratique artistique qui crée de la rencontre social et donc potentiellement du partage, c’est bien les concerts. Plus encore que le cinéma, où les spectateurs n’échangent en principe pas pendant qu’ils regardent le film, le concert est un lieu où les auditeurs peuvent commenter ensemble la performance à laquelle ils assistent. En fait, le concert est un endroit où, réellement, l’homme peut rencontrer l’homme.

 

Mais d’abord, une petite remise en contexte. L’édition 2018 des Noces Félines s’est tenue les vendredi et samedi 20 & 21 mai au sein du Palai du Tau, à Reims. C’est organisé par Velours, sûrement un des crew les plus actifs de Reims, et sans aucun doute celui que, à titre personnel, j’apprécie le plus. Velours a ainsi un palmarès assez important, puisqu’ils sont à l’origine de la venue de Vald l’année dernière sur Reims, de celle de Damso, de Roméo Elvis, de l’organisation de la Block Party, et donc bien évidemment de la mise en place des Noces Félines, et ce depuis 7 éditions. Là où j’ai un souvenir assez flou de l’édition des Noces Félines de l’année dernière, cette année tout me semble plus réussi. C’est peut-être dû à la date, plus tardive  et donc plus propice à profiter de la chaleur du début du printemps dans la cour du Palais du Tau, mais aussi sûrement à l’organisation et à la communication autour de l’évènement, qui s’améliorent après chaque édition. Mention spéciale à l’installation lumineuse placée dans la cours, qui était une idée de génie. Le principe est simple, du moins de ce que j’en ai compris : un mur de minuscules diodes, qui s’allument lorsqu’on les asperge d’eau, ce qui permet de littéralement peindre de la lumière. Très beau, très impressionnant, c’était une totale réussite.

 

C’est Nathan Zaef, le DJ membre du collectif “Qui embrouille qui” qui a ouvert la soirée. Le son qui résonnait au travers du sous-sol du Palais du Tau m’a personnellement directement conquis et, bien que j’ai par la suite passé une partie de son set dans la cour du palais à profiter de la terrasse, j’admet garder un bon souvenir de ces premiers morceaux aux aires de before, avant la venue de Delgrès.

 

Delgrès a, dans les faits, réellement lancé la soirée, en entraînant la foule sur la piste de danse avec son blues survolté. Très efficace, la musique du groupe sait reprendre les codes d’un blues électrique ancré dans l’imaginaire collectif afin de lui insuffler quelques touches particulières qui fonctionnent à merveille, et d’autant plus en live. A travers leur concert, j’ai retrouvé une petite influence des Black Keys mais aussi, de manière plus furtive, de Led Zeppelin. En démontre la reprise de la rythmique de Whole Lotta Love sur un des morceaux. Un très beau moment, à l’image de l’ensemble du set.

 

La suite de la soirée s’est poursuivie avec la venue de Supergombo et de Albinoid Sound System, tous deux très bon. C’est d’ailleurs pendant le concert de Supergombo que je me suis rendu compte de ce qui faisait des Noces Félines un évènement si particulier, et cela tient à son cadre. Le Palai du Tau est un édifice magnifique, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et c’est ce qui fait le charme des Noces Félines. J’ai eu l’impression que l’espace normalement réservé aux expositions au sein du musée se prêtait parfaitement à l’utilisation en tant que salle de concert, et cela confère aux différents sets un aspect unique, embellis par le cadre si caractéristique du monument.

 

Ainsi, les Noces Félines sont, à mon sens, une réussite, et ce encore davantage que l’année dernière. Tout était fait pour que cela réussisse, et tout y fut réussi, depuis le choix de la date jusqu’au choix des groupes, en passant par l’aménagement de la cour du château, agréable et chaleureuse. Pour cette première journée, l’événement porté par Velours permet ainsi, comme l’a dit Malraux, d’aller de l’homme à l’homme, puisque les Noces Félines encouragent l’échange, la discussion, et surtout le partage de la musique. Que demander de mieux ?

 

Écrit par Romain Maillot.

 

JOUR 2 – SAMEDI :

 

Le samedi complète bien la soirée précédente. Chaleur, ambiance, et artistes de talents étaient toujours au rendez vous. Le Palais du Tau s’est rempli très rapidement de festivaliers. La soirée hypnotique a pu permettre à de nombreuses personnes venues de loin de découvrir Clap 42, un talent rémois qui ouvrait avec joie la seconde soirée des 7èmes noces félines avec un dj set.

Nous étions tout autant surpris par la polyvalence de Dorian Concept qui, grâce à ses instruments, a pu faire voyager l’ensemble du Palais du Tau, suivi du multi- artiste Crayon dont la dynamique en live était incroyable. Le tant attendu Molécule et son live venu du Groenland a été précédé par le retour de Clap 42 qui, malgré la lourde tâche de jouer avant lui, a su faire danser le public entier.

De l’autre côté sur la terrasse, admirant les lumières, les installations et les décorations , la foule est impatiente d’entendre le prodige du grand Nord. C’est le cas d’un groupe de festivaliers venus de Metz: « J’ai déjà vu Molécule au festival du Cabaret Vert, c’était incroyable, je savais qu’en venant aujourd’hui je n’allais pas être déçue. C’est la première fois que je viens aux Noces Félines et au vue de la programmation pleine de bonnes surprises je remettrai le couvert à la prochaine édition» me dit ainsi Mélanie sous son masque coloré.

Commence alors Molécule avec son live tiré de son album -22.7°C. Avec ses machines, l’artiste a fait naviguer le public dans une ambiance hypnotique. Sa techno qui sème la tempête a, de nouveau, conquis la foule plus déchaînée que jamais. Une véritable claque venue des glaces. Applaudi par la foule, Molécule s’en est allé et a laissé place à Siel qui a clos la soirée et n’a laissé personne sur sa faim.

Cette 7eme édition montre que nous ne sommes pas au bout de nos surprises grâce à des Noces Félines de plus en plus captivantes. Les mélanges de styles permettent à tout le monde de profiter du début à la fin. La prochaine édition est très attendue.

 

Écrit par Manon Thilou.

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