Interview – Gustine

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A l’occasion de La Magnifique Society 2018, on a eu la chance de rencontrer Gustine pour parler de sa musique, de son rapport à la scène, mais aussi de sa future école de musique.

Il y a deux ans environ, tu jouais en première partie de Odezenne à la Cartonnerie de Reims. Aujourd’hui tu es sur l’affiche de la Magnifique Society, qu’est-ce que ça fait ? Est-ce que c’est toujours le même plaisir malgré le changement d’échelle ?

Alors oui, c’est toujours un vrai plaisir de jouer, quelle que soit la scène. Après je t’avoue que je suis vraiment super contente de jouer dans le Tokyo Space, justement parce qu’est une petite scène avec un grand écran derrière et que c’est complètement adapté à ce que je fais. Finalement je pense que j’aurais moins pris mon pied sur la grande scène, et que j’aurais été un peu perdue sur la grande scène, avec ma petite musique un peu “cheap”. Alors que là, il y a vraiment moyen de s’amuser ça, en plus de la proximité avec le public. Je suis vraiment contente que l’équipe de la Cartonnerie ait pensé à moi pour ça, et je pense que c’est vraiment adapté à ce que je fais. C’est à mon échelle, et y’a plein de petits spots de lumières avec lesquelles on peut jouer en plus de l’écran.  

C’est aussi ce que j’ai pensé en te voyant programmée sur cette scène. Parce que j’ai l’impression que ton oeuvre a aussi un côté très visuel, je me trompe ?

Oui, c’est ça. Il y a de la vidéo pendant tout le live, et ça fait complètement partie de l’univers. Je m’amuse autant avec les sons qu’avec les images. Le but, c’est de « triper » un peu avec tout ça, et du coup l’écran là fait la taille de la scène, et c’est trop bien. J’ai jamais eu un écran aussi grand moi.

Et tu conçois tout l’aspect vidéo seule, ou c’est justement une partie de la création que tu fais avec d’autres personnes ?

Alors les vidéos je les fait moi même, avec un petit logiciel qui s’appelle Paint. Je fais des petits dessins, je les mets en animation, de temps en temps je vole un petit gif sur Internet et je l’inclus dans mes vidéos. Après, j’ai bossé aussi sur un morceau avec un artiste qui se nomme DAMZEL que j’ai jamais rencontré en vrai. J’ai découvert son travail sur Instagram, j’aimais bien ce qu’elle faisait, du coup je l’ai contacté, et elle m’a fait un clip pour un de mes morceaux que du coup je diffuse sur scène. Donc celui-là il n’est pas de moi, mais tout le reste si.

Et ça a été facile pour toi de déléguer, d’expliquer ta manière de concevoir ton art ?

Oui bien sûr. Comme j’étais déjà fan de son univers, je lui ai laissé carte blanche, et ça m’a immédiatement plu. En plus c’est quelqu’un qui à la base fait de l’illustration plus que de la vidéo, et donc elle a pu vraiment s’éclater, comme si ma musique était un cobaye pour elle. C’est ce qu’il y’a de bien avec l’art sur Internet, c’est que tu peux collaborer avec des gens que tu ne rencontres jamais.

Pour parler d’un autre projet musicale, tu prévois de fonder un école de musique à Reims, c’est ça ?

Alors ça s’appelle Le Lieu, ça va ouvrir en septembre 2018, dans le quartier des Docks à Reims, derrière la salle de concert La Cartonnerie. C’est un projet que j’ai en tête depuis longtemps. A la base, moi j’ai passé le diplôme pour être professeur en conservatoire, et j’ai donné quelques cours au conservatoire. Je me suis toujours dit que le jour où je n’aurai plus de tournées ou de concerts, je lancerai une école de musique, mais avec l’enseignement tel que je le vois moi. Du coup pendant longtemps j’ai pris des notes sur ce projet, j’y ai réfléchi, et je l’ai repoussé jusqu’au moment où je n’aurais plus de concerts. Et puis finalement l’opportunité s’est présentée et donc je le fais plus tôt que prévu, puisque là j’ai encore des tournées avec Fakear [ndlr : Gustine est harpiste sur scène avec Fakear]. En fait j’ai eu un coup de cœur pour un local, et puis avant tout j’avais envie de le faire, alors je me suis lancée.

Pour la présenter concrètement, ce sera une école de musique actuelle, c’est-à-dire le rock, la pop, l’électro, le hip-hop… Toutes les disciplines moins “classiques” en quelque sorte. Parce qu’aujourd’hui, si tu veux trouver des cours de pianos c’est super simple, alors que des cours pour devenir DJ c’est tout de suite plus compliqué. Nous on a envie de pallier à ça. Et même si on propose des cours de piano, ils sont plus orientés sur la composition, la création et l’improvisation que le solfège. On a vraiment envie de travailler la pratique, plus que la théorie. Pour nous, c’est important d’enseigner la composition, la création musicale, plus que la technique en elle-même. Après, ça en fait un potentiel complément à d’autres écoles, plus axées sur la technique. C’est vraiment notre point fort.

En plus de ça, y’aura une salle de concert qui y sera affilié, parce qu’il faut que ce soit vivant. Il faut que les musiciens puissent se croiser, quelque soit leur niveau ou leur statut. J’ai vraiment envie que les élèves puissent échanger et se rencontrer, pour que ça crée une effervescence créatrice et que cela serve à tout le monde. Je veux qu’il y ai une vrai circulation du savoir, et de la créativité. Même avec un petit niveau de piano, tu peux déjà créer un morceau qui peut être intéressant. L’important c’est de pouvoir proposer des idées ou des compositions.

Et en plus, le but c’est de proposer un cursus un peu novateur, notamment sur les disciplines encore trop orphelines, comme la musique électronique par exemple.

Et en ce qui concerne tes collaborateurs ? Tu as déjà des noms ?

J’ai déjà toute la liste des profs.  D’ailleurs on a un site internet, où tu peux retrouver la description des différents cours qu’on va donner, ainsi que la biographie de chaque professeur. Tu peux aussi retrouver aussi la programmation du festival gratuit d’inauguration qu’on va faire du 5 au 8 septembre. Donc oui j’ai déjà beaucoup de gens autour de moi, et je suis très bien entouré pour ce projet.

Merci beaucoup Gustine.

 

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